Escapade en Alsace acte 5, La Villa René Lalique époustouflante.

L’apothéose, je n’ai pas d’autre mot.

Je termine cette escapade alsacienne par la grandeur et l’émerveillement, une émotion comme j’ai rarement eu dans la vie. Me voilà retournée.

On quitte l’auberge du Soldat de l’An II pour parcourir la vingtaine de kilomètres qui nous séparent de cette institution, le paysage nous emmène déjà en voyage : Sapins enneigés, route de montagne aux francs virages, traversées de petits villages à l’architecture typique de la région, avec mon amie Sonia nous approchons vite et impatientes décomptant les derniers kilomètres.img_1474

La Villa René Lalique existe depuis bientôt 100 ans, une demeure où vivait la famille de joailliers lorsqu’elle séjournait en Alsace. L’usine de verre familiale est construite à la même période à quelques pas de là, dans le village de Wingen-sur-Moder. Très connus pour ces bijoux, c’est aussi un créateur d’art de la table, de flacons de parfums ou spiritueux et même d’ornements décoratifs de l’Orient Express ou du paquebot Le Normandie. Marc Lalique prendra la relève de son père René à la fin de la deuxième guerre mondiale et décidera alors d’abandonner le verre pour se concentrer sur le cristal, un univers où la famille deviendra rapidement référence à l’échelle internationale.

Ce lieu riche d’histoire est aujourd’hui un magnifique hôtel hébergeant 6 suites uniques à la décoration signée Tina Green et Pietro Mingarelli. Le lounge illustre à merveille ce souci du beau, du détail presque irréel : accoudoirs, lampes, poignées de tiroir, rien n’est laissé au hasard. Le bar met en valeur les carafes exceptionnelles de la maison et ses partenariats avec les marques les plus prestigieuses comme le whisky The Macallan, le cognac Hardy ou De La Tour.img_1482img_1483

C’est tout simplement bluffant, l’aboutissement ultime d’un raffinement français amené au summum, un honneur d’être ici, une fierté d’être française. Et ce n’est qu’un début…

Aujourd’hui la villa est étendue d’une deuxième partie au style plus moderne où est situé le restaurant, c’est véritablement intégré à la nature que l’on déjeune ce midi de décembre. Le soir, la lumière plus tamisée donne une toute autre identité au lieu, plus intimiste toujours chic et cocooning. Ouvert depuis septembre 2015, ils obtiennent après quelques mois d’ouverture déjà 2 étoiles au guide Michelin.

Nous avons la chance d’être accompagnées par Romain Iltis sommelier alsacien, meilleur ouvrier de France 2015 qui nous fait visiter sa cave avec passion… Et on comprend vite pourquoi ! Jamais je n’ai vu telle cave auparavant, un avion de chasse. L’espace est impressionnant, une grande table traverse la configuration en U. Ici 20 000 bouteilles sont stockées pour 2 000 références, un grand grimoire répertorie les plus beaux crus servis à la clientèle d’esthètes venue découvrir le lieu. La plus vieille bouteille ici est Château Mouton Rothschild de 1828…img_1496img_1498img_1553

L’entrée dans le restaurant est tout aussi émouvante. Lampes, verrerie, suspensions décoratives, porte couteau, décoration des assises ou même des portes serviettes, c’est l’art du beau et du raffinement dans le moindre détail.img_1500img_1506

img_1504img_1543img_1540Pour nous accueillir, on nous propose une coupe de « Femme » de champagne Duval Leroy cuvée prestige 2000 pour accompagner l’arrivée des premiers amuses bouche « Eveil des papilles » qui nous font voyager : le Maroc et sa tuile de riz au tartare de thon rouge, le Mexique et son tacos de crabe, la Grèce et son croustillant de pomme de terre tzatziki betterave. Divin, je prends le temps de déguster la première bouchée qui, à peine posée sur les papilles, m’envoute. Envoutée par les saveurs, les textures, et la justesse de l’excellence. J’en perds mes mots.

Il faut dire qu’en cuisine officient une quinzaine de personnes, sous le chapeau d’un duo de choc : le chef triplement étoilé Jean Georges Klein et son chef exécutif Jérôme Schilling.img_1513

La suite est tout aussi bluffante. Folle peut être même. Dingue de technicité, extraordinaire de raffinement et d’équilibre en bouche.

Oeuf d’or façon salade Ceasar, un jaune d’œuf parfait est relevé d’anchois, d’une émulsion parmesan et accompagné d’une sublime mouillette de poulet confit au citron.img_1515

La déclinaison de champignons qui prend la suite restera l’une des assiettes les plus marquantes de cette symphonie culinaire : un cornet abricot renferme une salade de chanterelles, puis quelques gnocchis s’accompagnent d’un velouté de topinambours et râpé de truffe noire et enfin une panna cotta de champignons de Paris, glace citron vert. Indescriptible de bonheur.img_1519

Arrive le verre à cocktail à la pomme de terre et au céleri puis le foie gras selon un Tableau de Damien Hirst, en hommage à la collaboration de longue date des deux artistes. C’est magnifique.img_1521img_1526

Le carpaccio de Saint Jacques aux couleurs de saisie allie le raisin, la figue et la pomme verte au fil de la dégustation, puis l’on finit avec sa version en dim sum au bouillon. C’est un régal, l’assaisonnement est parfait, les mariages subtiles et respectueux du produit.img_1524

Avant de découvrir le plat principal on nous invite à déguster en une fois une raviole de cèpes, foie gras, bouillon de volaille et émulsion yuzu… Excellentissime…img_1530

Arrivent nos plats, de mon côté l’omble chevalier au céleri rave et à la noisette hollandaise au raifort de l’autre le filet mignon de veau en croûte de céréales, timbale de potimarron aux châtaignes, jus au carvi. Deux assiettes sublimes, des cuissons parfaites, des mariages heureux.img_1531img_1537

La purée au beurre noisette les accompagnant nous fait fondre de gourmandise tant elle est onctueuse…

Le cappuccino de pomme de terre et truffe noire me scotche à son tour. Un fond de purée, un concassé de truffe noire fraiche et une écume crémeuse de pomme de terre me font presque pleurer. Le goût des choses « simples », le produit sublimé, une fois de plus la truffe ne demande qu’à être respectée cette timbale restera inoubliable.img_1548

Et cela ne s’arrête plus, les pâtissiers, 4 au total, n’ont encore rien dit, et croyez moi qu’un tel chef sait s’entourer des meilleurs…Démonstration en images.

En pré-dessert un crémeux à la sève de kitul un sucre naturel aux saveurs caramel provenant des fleurs du Caryota Urens, un palmier qui pousse au Sri Lanka. Ici accompagné d’une glace à la pomme granny et d’une émulsion au limoncello.img_1551

Alors que je termine sur la version Lalique de l’Opéra, c’est le dessert « Retour de foret » qui me surprend encore plus par son audace et sa technicité. Mousse de Noisettes, Meringue à l’Epicéa, Glace aux Cèpes dans cette coque ultra fine en sucre et son chapeau chocolaté, quel culot ! La décoration en sucre rappelant le cristal Lalique sur mon Opéra est tout aussi épatante.img_1558img_1556

img_1559On termine avec un assortiment de mignardises dont un mini moelleux au chocolat cœur de passion que je n’oublierai certainement jamais ou cette mini madeleine une pointe croustillante à l’extérieur mais ultra moelleuse à cœur… Le tout accompagnant un café à la pastille « Lalique », un détail à l’image de la maison : la perfection.img_1560

Je quitte les lieux sur un nuage, celui d’un voyage ancré à jamais, avec le rêve de revenir vite et de vous crieeeeeer d’y aller. Lalique fait sans aucun doute partie de mon top 2 de l’année. Olivier Bellin m’avait laissée sans voix l’été dernier, Lalique m’enchante tout autant.

J’attends la fin janvier impatiemment pour la sortie du Michelin, croyez moi qu’une telle institution dépasse de très loin certains 3 étoiles que j’ai eu la chance de découvrir, à quand son tour ?

Le Michelin définit un restaurant une étoile comme « mérite l’arrêt », un deux étoiles comme « mérite le détour », un trois étoiles comme « mérite le déplacement », non mais sans blague ?! Mérite l’invention de la téléportation oui !

FONCEZ Y.

Mieux encore, le prix des menus a de quoi faire rougir Paris : au déjeuner sont proposés les menus « Inspiration » à 78€ et « Création » à 104€ (3 plats) ou 139€ (4 plats)… Au dîner, le menu « Création » en 4 plats à 139€, le menu végétarien « Végétal » à 149€ ou le menu « Signature » à 185€.

Merci. Merci. Merci. J’arrête là je pleure encore d’émotion.

Villa René Lalique

18 rue Bellevue

67290 Wingen-sur-Moder

03 88 71 98 98

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2 Commentaires

  1. Nguyen

    22 janvier 2017 at 11 h 39 min

    Bonjour,

    votre article donne l’envie.
    Quel est le menu que vous avez pris? Car je ne vois aucun menu à ce tarif sur leur site.
    Merci d’avoir partagé cette belle adresse.

    1. Marion

      Marion

      22 janvier 2017 at 21 h 31 min

      Bonjour Marjorie, nous avons eu un menu spécial pour découvrir l’univers des chefs, mais la formule déjeuner à déjà 78 euros est top et généreuse !

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